Etat des lieux

Fiche Action

  • Localisation :
    Région du Teraï, Népal
  • Situation de l'espèce :
    Gravement menacée selon IUCN
  • Période :
    Automne 2009 - Automne 2012

Mécène

Le gavial du Gange, un des crocodiles les plus rares au monde (CSG, Juin 2006)


Autrefois couramment rencontré au Pakistan, en  Birmanie, au Népal et en Inde, il fut décimé par les effets conjugués d’une chasse intensive, et d’une destruction de son habitat.  Le Gavial du Gange était en effet en compétition avec les pêcheurs pour son unique ressource alimentaire, le poisson. Au milieu des années 1970, on estimait sa population totale à 300 spécimens. À la limite de l’extinction, l’espèce a pu être sauvée grâce à des programmes d’élevage en captivité et de repeuplement menés en Inde et au Népal.
Il est aujourd’hui en annexe I de la CITES.

Suite à la dernière réunion du Gharial Task Force en France (Montélimar, Juin 2006), il est apparu que l’espèce aurait subi un déclin de 70% de son effectif. Une vingtaine de membres du Groupe de Spécialistes des Crocodiles rassemblant des experts du monde entier s’est rapprochée pour tirer la sonnette d’alarme et s’atteler au reclassement de l’espèce au statut de Critically Endangered sur la liste rouge des espèces en danger de l’IUCN (International Union for the Conservation of Nature). Ce reclassement a été validé en avril 2007.

Les causes du déclin des populations de gavials sont nombreuses

Par le passé, les gavials ont fait l’objet, comme la plupart des autres crocodiles, d’un braconnage intensif pour leur cuir, leur chair, mais aussi parce que différentes parties de leur corps étaient considérées comme ayant des propriétés médicinales, ou étaient liées à des pratiques superstitieuses. Mais la mise en place du Parc National de Chitwan en 1970 et la création d’autres Parcs et Réserves dans les années qui suivirent, ont permis de réduire cette pression. Aujourd’hui, le  Teraï (bordure sud du Népal) compte deux Parcs Nationaux (Chitwan et Bardia) et trois Réserves (Koshi Tappu, Parsa et Sukla Panta).

Depuis de nouvelles perturbations ont fait leur apparition. Les barrages construis en aval des rivières traversant le Teraï ont fortement altéré la dynamique fluviale de ces cours d’eau, faisant entre autres varier artificiellement les forces du courant et le niveau des eaux, facteurs très importants dans la sélection de l’habitat des gavials, bouleversant l’écologie de l’espèce. Ils constituent également un obstacle infranchissable lors de la remontée des espèces aquatiques (poissons, crocodiles, dauphins…). La quantité de nourriture disponible pour ces prédateurs a été ainsi fortement diminuée depuis la construction de ces édifices. La pollution de l’eau intervient également. En amont des fleuves, des agglomérations se développent, différentes fabriques (production de bière et usines à papier) rejettent dans les eaux de nombreux produits chimiques. Ces substances ont un effet très néfaste sur toute la faune aquatique, et particulièrement sur les animaux au sommet des chaînes alimentaires accumulant le maximum de substances toxiques comme le gavial.

Les cultures nécessitent des pesticides qui viennent encore ajouter à la dégradation de la qualité des eaux. La déforestation favorise l’érosion, et ainsi le comblement des zones profondes des rivières, habitats privilégiés des gavials. Les pêcheurs sont trop nombreux et les pratiques de pêche trop destructrices (notamment par l’usage de longs filets dérivants) : les poissons disparaissent.

Bien que depuis la fin des années 70, le gouvernement népalais ait mis en place le centre d’élevage de Kasara, Il faudra attendre la fin des années 80 pour commencer à avoir des informations chiffrées concernant l’état de la population sauvage. Des comptages furent réalisés entre 1986 et 1989 et en 1994. En 2001, après une longue période sans prospection, le recensement a repris mais pour l’essentiel sur le Parc National de Chitwan au détriment du Parc National de Bardia et de la Réserve de Koshi Tappu. Ces recensements sont le fruit d’un travail collectif entre des volontaires français et les Rangers du DNPWC. Ils montrent que la population de gavial au Népal n’augmente pas malgré plus de 700 individus relâchés. Ceci plaide en faveur d’une analyse fine de la situation et d’un renforcement des actions réalisées.

Les travaux réalisés depuis 2001 montrent que :

  • La population de gavial dans les rivières des parcs nationaux semble rester à peu prés stable et ceux malgré le relâché annuel d’individu du centre de Kasara,
  • C’est dans les rivières du Parc National de Chitwan qu’on trouve la plus grande population sauvage (environ 40 individus).
  • Le taux de survie des jeunes gavials réintroduits dans le parc de Chitwan ne dépasse pas 50% la première année et 20% la deuxième année (il faut néanmoins rester prudent avec ces chiffres car certains individus peuvent avoir quitté la zone d’étude),
  • Certaines tribus comme les Mosher ou les Bothé ne vivent que de la pêche, ce qui entraîne une surexploitation des populations de poissons dans les fleuves et les rivières du Népal. Aucune zone de protection interdisant la pêche n’ont été mises en place. Ceci a des conséquences sur la ressource alimentaire disponible pour les gavials qui ne se nourrissent que de poissons.
  • La population de gavial au Népal repose essentiellement sur le centre d’élevage de Kasara, ce qui à plus ou moins long terme pourrait entraîner un appauvrissement génétique.
  • Suite aux indices récoltés depuis notre implication dans le programme de conservation du gavial, il apparaît, en premier lieu, 3 zones d’études distinctes :
  • o   Le Parc National de Chitwan, comprenant les rivières Rapti et Narayani : la zone d’étude s’étend sur 112km de rivières (sur la Narayani : de Ratanpur à Amaltari où la rivière se divise en deux chenaux et d’Amaltari à Tribeni ; sur la Rapti : de Sauhara jusqu’à rejoindre la Narayani).
    o   Le Parc National de Bardia comprenant les rivières Babaï et Karnali.
    o   La Réserve de Koshi Tappu comprenant la rivière Koshi.

Opérateur Terrain

Nom de la structure:

Chelonia

Contact :

Mr. Anil MANANDHAR – WWF, the Global Organization

Principales missions :

Stopper la dégradation de l’environnement naturel de la planète et construire un avenir où les humains puisse vivre en harmonie avec la nature, par :

  • La conservation de la biodiversité dans le monde
  • Veiller à ce que l’utilisation des ressources naturelles renouvelables soit durable
  • La promotion de la réduction de la pollution ainsi que la surconsommation

Site internet du WWF Nepal

Objectifs

Objectif principal: Contribuer à la sauvegarde des dernières populations sauvages de gavials, en collaboration avec les communautés locales et les partenaires impliqués dans la gestion durable des milieux aquatiques du Népal

Les informations recueillies montrent qu’il est encore possible de protéger le gavial et son habitat, pour cela il est nécessaire et urgent de :

  • Poursuivre l’amélioration des connaissances scientifiques encore trop fragmentaires pour le gavial du Gange et son habitat
  • Intégrer dans la gestion des espaces protégés du Népal (Parc National de Chitwan, Parc National de Bardia, Réserve sauvage de Koshi Tappu…) des mesures favorables à la conservation du gavial du Gange
  • Continuer à développer les mesures de conservation ex-situ (les centres d’élevage des parcs de Chitwan et de Bardia) pour augmenter la population de gavial au Népal
  • Sensibiliser les populations à la préservation de leur environnement via la valorisation du gavial
  • Contribuer, dans le contexte international du Gharial Multi Task Force, au renforcement de la conservation du gavial à l’échelle de la biodiversité mondiale

Actions

1. Poursuivre l’amélioration des connaissances scientifiques

• Suivi des populations sauvages

Les connaissances concernant le statut du gavial dans les rivières du Népal restent incomplètes. Le travail de dénombrement et d’identification (sexe, âge…) se poursuit.
Pour pouvoir effectuer un décompte maximal, les observations se réalisent lorsque les gavials sont en bain de soleil et aux heures les plus propices selon la saison : de 10 h00 à 16 h00 pendant la saison froide (novembre à février) et de 8 h00 à 14 h00 pendant la saison chaude (mars à mai). Celles-ci correspondent aux périodes de haute activité de bain de soleil. Ces créneaux horaires permettront aux observateurs de prospecter 20 à 30 km à chaque session.

Pour chaque observation, une fiche de détermination permettra de préciser :
• la date et l’heure,
• la portion de rivière prospectée,
• la localisation GPS de l’individu,
• la classe d’âge et si possible le sexe,
• les différentes composantes de son environnement proche (substrat, profondeur et largeur du cours d’eau, type d’habitats des rives, température…).

Pour avoir une estimation assez proche de la réalité, chaque session est répétée plusieurs fois. En effet, lors d’une prospection, le dérangement occasionné par les activités humaines induit une sous-estimation de l’effectif recensé et une irrégularité des observations d’une prospection à l’autre. Seul le croisement des résultats de plusieurs sessions permettra de réduire la marge d’erreur.

Résultats attendus :

• Détermination du nombre minimum de prospection à réaliser pour observer le maximum de gavial,
• Détermination plus précise du nombre de gavial encore présent au Népal,
• Détermination du type de population dans chaque site de prospection (jeune ou adultes, sauvage ou réintroduit, sexe-ratio…),
• Détermination de l’habitat privilégié.

• Suivi des individus réintroduits

Les suivis réalisés depuis 2004 ont montré que le danger principal qui guettait les jeunes gavials relâchés étaient la dévalaison prématurée. Il est nécessaire de poursuivre le travail d’identification de la saison et du lieu des lâchers. Il est également urgent de développer de nouvelles perspectives de lâcher dans l’ensemble des cours d’eau traversant le Teraï (Parcs Nationaux de Chitwan et Bardia et Réserve de Koshi Tappu).

Le suivi des créatures réintroduits se fait en parallèle du suivi des individus sauvages. L’observateur suit le même protocole : localisation GPS, description et identification du gavial avec le plus de précision possible, et description de l’habitat.

Résultats attendus :

• Surveillance des individus relâchés,
• Estimation du taux de survie,
• Approfondissement des connaissances sur le comportement des gavials réintroduits,

2. Intégrer dans la gestion des espaces protégés du Népal des mesures favorables à la conservation du gavial du Gange

Actuellement, la population de gavial au Népal n’augmente pas malgré plus de 20 années et plus de 700 individus relâchés. Parallèlement, les populations de dauphin du Gange et de loutre diminuent fortement. Autrefois visible dans les rivières de Chitwan, ces deux espèces peuvent encore être aperçues à Bardia.
Le gavial voit ses ressources alimentaires prélevées par la pêche à outrance. Cette dernière parfois responsable directe de la mort des crocodiles par l’utilisation de filet dérivants (pourtant interdit). Les zones de pontes diminuent à cause du barrage et de l’extraction de sable et de graviers, réduisant ainsi le potentiel reproductif de l’espèce.

Pour pouvoir lutter contre le déclin des habitats, ce projet s’associe aux mesures favorables de la conservation des habitats que portent par ailleurs le WWF.

Résultats attendus (des actions menées en dehors du projet gavial) :

• Augmentation de la qualité de l’eau,
• Augmentation des peuplements piscicoles,
• Amélioration de la connectivité des cours d’eau,

3. Continuer à développer les mesures de conservations ex situ

• Augmentation de la capacité d’élevage du centre de Kasara (Parc National de Chitwan)


En place depuis 1978, le centre d’élevage et de conservation du gavial à Kasara s’est considérablement développé. D’une part, d’un point de vu informatif, avec la création en 2001 du «Visitor Centre» et de l’installation de différents panneaux d’informations relatives au conditions d’élevage. D’autre part, d’un point de vu technique avec la construction d’une nouvelle nurserie en 2006 (permettant d’augmenter les capacités d’accueil et d’améliorer les conditions d’élevages des nouveaux nés).
Le centre d’élevage et de conservation de Kasara peut donc être cité en exemple de par son développement, et par l’augmentation importante du nombre de jeunes gavials âgés d’un an qui en est la preuve. Néanmoins, ce succès ne pourra être réel que par l’intermédiaire de nouvelles constructions.

Élevage type :
Avant de pouvoir être réintroduit, les gavials doivent atteindre un poids et une taille suffisante pour survivre. Ils restent donc 5 ans dans les bassins du centre :
• Mars de l’année N : pontes,
• Juin de l’année N : naissances,
• Juin N à Juin N+1 : élevage en nurserie,
• Juin N+1 à Juin N+2 : élevage dans des bassins de grossissement,
• Juin N+2 à Février/Mars N+5 : élevage en bassin de grossissement,
• Février/Mars N+5 : réintroduction (taille supérieure à 1,70 m).

• Pisciculture :

Afin de compenser l’augmentation du nombre de spécimens et réduire la pression des pêcheurs sur la rivière, une pisciculture devra être mise en place. Cette installation permettra aussi de fournir des poissons vivants aux crocodiles.
Cette pisciculture permettra d’apporter une alimentation de qualité et en quantité suffisante. Elle devra comprendre des bassins de reproduction permettant de produire des alevins nécessaires à l’alimentation des juvéniles et des bassins de grossissements fournissant des poissons de tailles importantes adaptés aux gavials adultes et sub-adultes.
Cette pisciculture devra être une activité durable donc à coût réduit. L’alimentation des poissons devra provenir de déchets organiques (tel que le son de riz) et la fertilisation des bassins (nécessaire au développement du plancton) se fera avec un compost d’origine animal ou végétal.

Suite aux discussions entamées entre le WWF et M. Kamal Jung Kunwar, Chef Warden du Parc National de Chitwan, un terrain, mitoyen du centre d’élevage de gavial, pourrait être mis à disposition pour construire la pisciculture à la condition d’installer des clôtures adaptées en cas de forte mousson pour éviter toute évasion. Le management sera laissé à la charge des employés du parc.

Résultats attendus :
• Augmenter la quantité et la qualité de l’alimentation des individus captifs,
• Développer l’instinct de chasseur des individus à réintroduire,
• Augmenter le taux de survie au sein du centre d’élevage,
• Proposer un exemple d’alternative durable à la pêche en rivière.

• Bassins d’élevage :

Il devra être envisagé d’agrandir le centre de Kasara en y intégrant de nouveaux bassins de grossissement permettant aux jeunes gavials de se développer dans les meilleures conditions. Ces bassins permettront de palier à l’augmentation des naissances. Ces projets sont très importants pour l’amélioration du centre, mais ils vont de paire avec une remise à neuf des enclos existants. Certains pour des problèmes de canalisations (fuites de robinet, évacuations obstruées…), d’autres pour des problèmes de clôture (poutres pourries, grillage rouillé…).
Il est également nécessaire de revégétaliser les enclos. D’un point de vu pratique, les gavials manquent cruellement d’ombre durant les périodes de fortes chaleurs. Pour l’instant de nombreux arbres morts sont répartis sur le parc. Un abattage et une replantation seront bénéfiques (et sécuritaires).
Une mission d’évaluation a été réalisée en Mars-Avril 2010 par un expert australien Mc Clure en vue de proposer des plans pour les nouvelles infrastructures. Les travaux doivent commencer après la mousson (automne 2010).

Résultats attendus :
• Éviter la surpopulation dans les bassins,
• Augmenter le taux de survie au sein du centre d’élevage,
• Diminuer le stress des individus,
• Optimiser au maximum les capacités du centre d’élevage,
• Augmenter le taux de survie au sein du centre d’élevage,
• Permettre une croissance plus rapide pendant les 5 années d’élevages.
• Augmenter le nombre de visiteurs,
• Continuer à faire de ce centre l’exemple mondial de la conservation du gavial.

• Mise en place d’un nouveau centre d’élevage au Parc National de Bardia

Le développement des infrastructures d’élevage de gavials est un facteur déterminant dans la conservation de l’espèce (en particulier dans le contexte de fragilité des écosystèmes d’accueil). C’est pour cela qu’il est important de protéger ces crocodiles captifs d’épizooties ou autres maladies épidémiques pouvant décimer tous les efforts entrepris jusqu’à ce jour.
Pour remédier à ce problème, dupliquer le centre de Kasara est la meilleure solution.

Dans le Parc National de Bardia, il existe un autre centre d’élevage de crocodiles. Ce centre bien plus petit que celui de Chitwan, accueille et élève essentiellement des Marsh Mugger (deuxième espèce de crocodile vivant au Népal).
Suite à une visite de ce centre, de nombreux problèmes concernant les réseaux hydrauliques et les enclos ont été identifiés.
Il faut donc reconstituer un nouveau centre d’élevage. Le centre de Bardia à la chance de posséder un terrain mitoyen, il est donc envisageable, en prenant le centre de Kasara comme modèle, de mettre en place un nouveau centre pour avoir des installations optimales pour l’élevage des gavials à Bardia. En suivant la logique d’un élevage type, ce centre devra comprendre des bassins d’élevage pour accueillir des adultes reproducteurs, une nurserie pour les juvéniles, des bassins post nurserie, des bassins de grossissements ainsi qu’une pisciculture.
Une mission d’expertise a été réalisée en Mars-Avril 2010 par un expert australien Mc Clure, membre du Crocodile Specialist Group, en vue de proposer des plans pour les nouvelles infrastructures. Les travaux doivent commencer début 2011.

Résultats attendus :

• Créer à Bardia un second pôle d’élevage aussi performant que celui du parc de Chitwan,
• S’affranchir des risques de disparitions des individus d’élevage en cas d’épizooties.

• Suivi des individus captifs

Le centre de Kasara a pour vocation d’élever les gavials durant leurs premières années (4 à 5 ans) afin de pouvoir les réintroduire dans leur milieu naturel dans les meilleurs dispositions. C’est pour cela qu’un suivi régulier des individus captifs doit être mis en place :
• suivi de croissance (taille, poids en fonction des saisons, taux de survie…),
• suivi sanitaire plus particulièrement pour les juvéniles (visite vétérinaire mensuelle).

Pour pouvoir améliorer le brassage génétique lors des relâches, l’identification des géniteurs par analyse sanguine des juvéniles devra être effectuée.

Résultats attendus :
• Améliorer les connaissances scientifiques sur les individus captifs,
• Optimiser la sélection des gavials à réintroduire.

4. Sensibiliser les populations à la préservation de leur environnement via la valorisation du gavial

Grâce à la mise en place du Visitor Centre, le centre de Kasara est devenu un lieu d’informations important pour la conservation du gavial. La mise en place de panneaux expliquant toutes les actions menées dans ce centre doit être généralisée.
Cependant, le facteur contribuant le mieux à la sensibilisation reste l’implication directe des différents acteurs de la conservation.

• Formation des rangers à la conservation du gavial

Pour pouvoir effectuer régulièrement un travail de prospection au sein des parcs nationaux ou des réserves, l’aide des autorités des parcs sera nécessaire et plus particulièrement l’aide des rangers. Ces personnes travaillent depuis plusieurs années sur site et le connaissent en détails (patrouilles…). Il depuis 2009, les rangers de Chitwan sont invités à suivre de courtes formations théoriques (cours pour apprendre les caractéristiques de ce crocodile) et pratiques (prospections réalisées conjointement) qui permettront de pouvoir compter sur une équipe qualifiée et pouvant effectuer très régulièrement des prospections.

Résultats attendus :
• Augmentation des données et par conséquent des connaissances sur les gavials sauvages et réintroduits,
• Mise à jour régulière du statut du gavial dans les rivières des parcs du Népal.

• Participation de la Buffer Zone Community dans le travail de sensibilisation des populations locales

Le soutien des représentants des «Buffer Zone Communities» est primordial pour la conservation du gavial. Avec les responsables des parcs nationaux, ces personnes s’occupent de la gestion des terres mitoyennes aux cours d’eau (pour le côté Buffer Zone). Ce soutien pourra être ponctuelle lors des chantiers permettant l’amélioration de l’élevage ex-situ ou régulier par la mise en place de règles permettant la protection des habitats du gavial. En participant à toutes ces actions, les villageois pourraient donc en tirer des bénéfices et se sentir concernés par la conservation du gavial et de son habitat.

Résultats attendus :
• Mise en place de règles favorisant la conservation du gavial dans les Buffer Zone,
• Soutient humain dans la réalisation des projets de conservation ex situ.

• Implication des locaux dans la conservation du gavial

Deux cibles principales : les enfants et les pêcheurs.

Les enfants :
Promouvoir la protection des rivières et des espèces inféodées par l’intermédiaire des enfants sera bénéfique car c’est aux enfants que appartient l’avenir. Une collaboration devra ainsi être envisagée avec des écoles et des orphelinats avoisinant les centres d’élevage pour mettre en place :
• des visites guidées des centres d’élevage,
• des « mini conférences » dans les écoles et les orphelinats proche des parcs sur le gavial mais aussi la protection des rivières (mise en place de fiches pédagogiques, film court…),
• des expositions de dessins, peintures, sculptures ou poèmes réalisés par les enfants dans les lieux de réunion des villageois et dans les hôtels,
• des petits spectacles mettant en scènes les difficultés de survie du gavial face aux activités humaines.

Pour donner plus d’envergure à la participation des enfants, l’utilisation d’évènements pourrait être un atout : le festival «cait da saï» (fin mars) à Kasara qui durent 15 jours réunis des centaines de Népalais au centre d’élevage, la semaine de la vie sauvage (mi-avril) et les lâchers de gavials sont des moments forts qui seront mis en avant. Associer les enfants à tous ces évènements les sensibilisera et apportera davantage de notoriété au gavial.

Résultats attendus :
• Diffusion de l’information au plus grand nombre,
• Pérennisation du travail de sensibilisation.

• Les pêcheurs :

Les Bote et les Musher, ethnies locales, dépendent étroitement des rivières du parc. Ils arpentent les berges pour diverses activités et pêchent en pirogue quotidiennement. Ce sont eux qui connaissent le mieux ces cours d’eau. Ce programme de conservation doit donc s’appuyer sur eux pour créer un réseau d’alerte pour toute observation de gavial en difficulté (animal blessé ou prisonnier d’un filet) afin d’intervenir au plus vite. L’exemple du mâle mort dans les rivières de Chitwan est le parfait exemple de l’importance d’un réseau d’alerte. Les pêcheurs doivent pouvoir prévenir les autorités des parcs le plus rapidement possible.
De plus, les responsables népalais s’en remettent à eux depuis plusieurs années pour localiser et collecter les nids de crocodiles. Ceci doit être développé et structuré afin de permettre le ramassage d’un maximum d’œufs dans les meilleures conditions.

Résultats attendus :
• Mise en place d’un réseau d’alerte,
• Mise en place d’un protocole stricte concernant la récupération des œufs.

• Implication des acteurs du tourisme dans la conservation du gavial

D’autres professionnels de la conservation peuvent apporter à ce projet une aide non négligeable : les associations de guides des parcs nationaux. Ces hommes passent leur journée à observer la flore et la faune. Comme les rangers, ils ne leur manquent que quelques connaissances sur la biologie du gavial et les techniques de prospections.
Ces personnes pourront alors contribuer au recensement des populations de gavial de façon directe par des prospections et indirecte en répertoriant toutes les observations faites pendant des safaris touristiques. Ils pourront être aussi notre relais pour récupérer des informations auprès des populations locales comme les pêcheurs.

Résultats attendus :
• Augmentation des données et par conséquent des connaissances sur les gavials sauvages et réintroduits,
• Mise à jour régulière du statut du gavial dans les rivières des parcs du Népal.

Les hôtels :

Une sensibilisation internationale pourra se faire par l’intermédiaire des hôtels. Par les enfants et leurs expositions mais aussi par les hôteliers eux-mêmes. Les guides des hôtels ayant reçu une formation concernant ce crocodile et les techniques de prospection par l’intermédiaire de leur association pourront prévoir d’organiser des « safaris » en kayak pour découvrir le gavial. Sensibilisation d’un public international mais aussi collecte de données pour notre programme de conservation. Il est bien entendu que ces « safaris » se feraient dans le souci de respecter la tranquillité des crocodiles (petits groupes respectant les mêmes consignes que pour une prospection classique).

Résultats attendus :
• Augmentation des données et par conséquent des connaissances sur les gavials sauvages et réintroduits,
• Mise en valeur de dimension patrimoniale du gavial du Gange.

5. Contribuer, dans le contexte international du Gharial Multi Task Force (GMTF), au renforcement de la conservation du gavial à l’échelle mondiale

• Collaboration au GMTF

Les dernières assemblées du Gharial Multi Task Force (France Juin 2006 et Inde Octobre 2008) a laissé entrevoir un futur plutôt difficile pour le gavial. Avec une diminution de 70% de l’effectif mondial, le statut de cette espèce est sur le point d’être reclassé Critically Endangered sur la liste rouge des espèces en danger de l’IUCN (International Union for the Conservation of Nature).

Pour parvenir à redresser cette tendance, les responsables de la conservation du gavial dans chaque pays ,qui lui est endémique, doivent partager leur connaissance scientifique de l’espèce et de ses habitats. C’est dans cette optique qu’il est nécessaire de compter, parmi les responsables de la conservation de la biodiversité au Népal, une personne ressource pour la conservation du gavial.
Cette espèce à dispersion restreinte, est aujourd’hui seulement présente, de façon significative en Inde et au Népal. Le Népal devrait donc jouer un rôle majeur dans la protection d’un emblème national et de surcroît, l’unique représentant de la famille des Gavialidae.

Résultats attendus :
• Augmenter l’implication du Népal dans la concertation internationale sur la conservation du gavial,
• Identifier et former une personne ressource pour le gavial dans les rangs de la conservation népalaise.

• Coordination « régionale »

Une collaboration entre l’Inde et le Népal s’avère être plus que jamais nécessaire pour la conservation du gavial. Cette coopération permettra un suivi commun et une protection légale des gavials dépassant le barrage de la frontière.
En Inde, le CSG (Crocodile Specialist Group) a pris clairement position pour demander au gouvernement de relancer la conservation du gavial par la reprise des centres d’élevage et du renforcement de la population. Le Népal abrite environ 400 gavials sauvages et captifs confondus soit plus du quart de la population mondiale de gavials.

De plus, l’appauvrissement génétique dû à l’élevage d’un même groupe d’adulte depuis plus de 20 ans aura de grave conséquence sur l’avenir du gavial au Népal. Trouver un accord et entreprendre des échanges d’individus afin d’enrichir le patrimoine génétique des gavials des deux pays participera aux chances de survie de l’espèce.

Résultats attendus :
• Mise en place d’un programme de protection commun,
• Protocole d’accord permettant l’échange d’individus entre les deux pays.

Actu

- Juillet 2013 -

Nouvelle vidéo de gavials du Gange

http://www.saveyourlogo.org/wp-content/uploads/gavial-gange-wwf-nepal-2.flv

- Mai 2013 -

Résultat du recensement des gavials du Gange au Népal en 2013

Si en 2011, 102 gavials avaient été recensés en 2011, ils sont au nombre de 124 en 2013, soit une augmentation de 21%. Rappelons qu’une espèce est classée en danger critique d’extinction par l’UICN tant que l population sauvage ne compte pas 250 reproducteurs… Le chemin est encore long pour le gavial…mais en bonne voie !

Gavial du Gange © WWF Nepal

- Mars 2013 -

Vidéo de gavial du Gange in-situ

http://www.saveyourlogo.org/wp-content/uploads/gavial-gange-wwf-nepal.flv

- Janvier 2013 -

Des gavials secourus par les « gardes rivières » au Nepal

Deux gavials adultes ont été secourus et transférés dans la rivière Narayani par les « gardes rivières » en octobre 2012. A la fin de la période de mousson, les deux individus s’étaient en effet retrouvés piégés dans des petites rivières en cours d’assèchement. Un groupe d’habitants avait signalé leur présence aux agents : une preuve concrète de l’efficacité du programme de sensibilisation.

Gavial du Gange © WWF Nepal

- Décembre 2012 -

Inauguration des nouveaux bassins d´élevage de Gavials au Népal

Début décembre 2011, Michel Lacoste, accompagné des représentants du FDB, Olivier Chiabodo et Dr Antoine Cadi, se sont rendus sur les lieux du projet « Gavial du Gange » au Népal, pour l’inauguration des nouveaux bassins d’élevage à Kasara dans le Parc national de Chitwan.

Après un accueil chaleureux du personnel du Parc et de son directeur, la délégation FDB/Lacoste a inaugurée les nouvelles installations, suivi de plusieurs interventions sur la conservation du Gavial et de l’inauguration des bassins par Messieurs Michel Lacoste et Raj Fanindra Kharel, chef du service planification du Ministère de la conservation, de la faune et de la flore sauvage au Népal.

A cette occasion, Monsieur Lacoste a fait part de sa grande satisfaction à contribuer au projet et exprimé sa reconnaissance envers les acteurs engagés dans sa réalisation, et en particulier le WWF Népal.

La cérémonie d’inauguration s’est clôturée par un lâché d’individus reproducteurs (deux mâles et plusieurs femelles adultes) dans les nouveaux bassins d´élevage. La délégation Lacoste/FDB a ensuite effectué une visite des sites proposés pour la construction de la pisciculture et du laboratoire.


- Novembre 2011 –

Formation des Rangers pour la surveillance des rivières à Chitwan

Avec l’objectif d’assurer le suivi régulier des populations de gavials dans les rivières Rapti et Narayani, une formation pour les rangers a été organisée à Sauraha et Amaltari fin Septembre. Les 50 participants ont appris des compétences sur l’utilisation du GPS, les techniques de différentiation (entre les gavials et les crocodiles des marais), les techniques de surveillance de rivières et la collecte de données.

Ainsi que des participants sélectionnés dans les communautés locales, les « scouts » du Parc National de Chitwan se sont également mobilisés pour patrouiller les rivières de Rapti et Narayani. La rivière Rapti est recensée deux fois par an et la Narayani trois fois. Les équipes fournissent au WWF les données sur la situation du gavial et sur les activités illégales. Les membres de l´équipe ont également le pouvoir de mettre en garde les pêcheurs et de saisir leurs filets dans le cas q’une activité illégale soit détectée.

Préparation du Plan d´Action en faveur de la conservation du gavial

Les propositions pour l’élaboration du plan d’action en faveur de la conservation du gavial ont été évaluées et l´association qui a soumis la meilleure proposition a été choisie pour l’élaboration du plan d’action. L´organisation Fortune Infosys a gagné l´appel d´offres pour rédiger ce document. L’accord a été signé le 20 Septembre 2011, et la rédaction du Plan d’action continuera avec rigueur selon les termes de référence. La version finale doit être prête avant juin 2012.


- Août 2011 –

Le gouvernement approuve les résultats des recensements de gavials au Népal

Le 8 juillet 2011, Dr Maheswor Dhakal, directeur général du DNPWC (Department of National Parks and Wildlife Conservation), a présenté en détail aux hautes autorités du Gouvernement Népalais, le programme de conservation du gavial dont la population actuelle s´élève à 102 individus. À l´issue de cette présentation, les autorités ont remercié et rendu hommage au FDB, à Lacoste et au WWF Népal pour leur grand soutien en matière de conservation de l´espèce.

La construction du bassin d’élevage de gavial à Kasara est presque prêt!

Les travaux de construction du bassin d’élevage de gavial à Kasara se poursuivent même si les fortes pluies ont pertubé l´avancement durant quelques jours. Le travail a été mis en veille pendant quelques jours en raison de la forte pluie. WWF Népal prévoit l´achèvement du projet de construction d´ici deux mois.


- Juillet 2011 -

L’établissement d’un système  de surveillance en captivité

Cette année enregistre 14 nids de gavial en captivité. L´équipe de recherche du WWF Népal a mis en place la surveillance de la température des nids avec l’aide des enregistreurs de données, et les nouveau-nés seront séparés en fonction de leur température. L´objectif des chercheurs est de voir si la température est importante dans la détermination du sexe des gavials, ce qui est toujours un mystère pour cette espèce. Chacun des nouveau-nés sera ensuite pesé et mesuré chaque mois afin d´observer leur tendance de croissance.

En outre, la construction de la piscine d´élevage avance bien. Les travaux de cimentation seront bientôt réalisés, suivis de la clôture et de la séparation des bassins.

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-Juin 2011-

Gharial Population Update (2011)

The WWF Nepal researchers have finally compiled the total population data of the gharial in Nepal. The highest numbers of gharials were counted in the Rapti, Narayani, Babai and Karnali rivers with, respectively, 33, 48, 17 and 4 individuals, making a total of 102 gharials in Nepal. However, the investment of even greater effort will be needed if the progress observed is to continue, and in particular to reach in the years to come the size of population required to ensure the viability of the gharial.


-Mai 2011-

Réunion consultative pour le Gavial au Népal

L´association Terai Arc Landscape Project a organisé le 14 février 2011 un atelier à Sauhara, Népal. Cet atelier réunissait des autorités du parc, des comités de la zone tampon, des groupes communautaires d´utilisateurs des forêts, des communautés de pêcheurs, des habitants de la région, des hôteliers ainsi que des ONGs basées à Chitwan.
Plusieurs décisions importantes ont été prises pour le plan d’action en faveur de la conservation du gavial, concernant principalement : la protection des rivières, le contrôle de la pollution, la gestion des déchets solides, l’éducation sur la conservation du gavial et les moyens de subsistance durable pour la population. Un comité a été créé avec pour but la conservation du gavial et des rivières. Ce comité sera responsable avec les gardes du parc de la surveillance et l´amélioration de l´habitat des gavials. Tous les participants se sont accordés sur la nécessité de déterminer les sites potentiels en vue de la réintroduction de l´espèce. Ces sites seront déclarés « sanctuaires pour le gavial ».


-Mars 2011-

L´observation de gavials se poursuit dans la Rivière Rapti au Népal

L’équipe de recherche du WWF Népal a observé 4 jeunes gavials et 9 crocodiles des marais dans la rivière Rapti, entre Baghmara et Jarneli. C´est un signe très positif de réappropriation de leur habitat naturel. Alors que les chercheurs du WWF Népal avaient constaté l´année dernière une érosion des zones de nidifications, ils ont découvert deux autres bancs de sable qui pourrait servir comme sites potentiels de nidification pour l´espèce.


Les activités de recherche et de surveillance se poursuivent donc dans les Parcs Nationaux de Chitwan et de Bardia ainsi que dans la réserve de faune sauvage à Koshitappu. Les résultats de ces activités seront transmis à l´Alliance de Conservation du Gavial (Gharial Conservation Alliance – GCA) afin de mettre à jour les informations sur l´état de conservation du gavial.



- Décembre 2010 -

Programmes de sensibilisation gavial au Népal

À la suite du succès des actions menées ce dernier mois, des initiatives similaires ont été menées pour atteindre de nombreuses autres collectivités de la région de Chitwan. Ainsi, des interventions ont eu lieu dans les secteurs de Pragatinagar, Divyapuri et Rajahar.
34 femmes et 69 hommes des communautés de Bote, Majhi, Mushar et autres ont participé activement. Les défis futurs de la conservation du gavial et de l´environnement ont été abordés.

Des manuels de formation pour les agents des parcs nationaux au Népal

Les responsables des parcs nationaux népalais et du WWF Nepal se sont réunis pour préparer les manuels de formation des agents afin de les instruire sur le gavial du  Gange. Les manuels comprendront plusieurs chapitres comprenant des informations sur l’écologie de l’espèce, la législation dédiée à la conservation de gavials, les techniques de surveillance des populations de gavials, et les méthodes de reproduction en captivité.

Une fois prête, la version finale du manuel sera envoyée aux experts du Groupe de Spécialistes des Crocodiles pour ses commentaires et révision.


- Novembre 2010 -

Avancée du programme de sensibilisation pour la conservation du gavial au Nepal


Une action de sensibilisation pour la conservation du gavial a été réalisée dans le secteur de la rivière Narayani ainsi que dans la zone tampon du Parc National de Chitwan. Le succès de cette initiative est dû aux efforts des agents du programme « Terai Arc Landscape ». Ils ont insisté sur l’importance de la conservation du gavial, les défis auxquels l’espèce fait face et le rôle des populations locales dans les efforts pour sauvegarder cette espèce menacée.
Ce programme s´est déroulé pendant quatre jours entre le 26 octobre et le 29 octobre 2010 dans quatre lieux différents (Laugain, Bramhasthan, Bote Sibir et Baghkhor). 256 personnes directement concernées ont participé à ce programme: des femmes et des hommes des communautés de Bote, Majhi et Mushar.


- Octobre 2010 -

Atelier d’interaction consultatif sur la conservation gavial

Un atelier de consultation interactive sur la conservation du gavial a été organisé à Chitwan le 15 Septembre 2010. De nombreuses personnalités de Bote, Majhi, Mushar (communauté de pêche) étaient présentes ainsi que leurs organisations respectives, tel le Comité de protection de Bote Majhi Mushar, le Comité de protection des crocodiles et des tortues et les comités des utilisateurs des zones tampon.

Les participants ont exprimé au cours de cet atelier, leur préoccupation importante face à la situation grave vécue par les gavials. Les discussions ont été très instructives et les participants se rendant compte des menaces vécues par les gavials ont spontanément fourni des solutions au problème. L’atelier a été organisé par «Terai Arc Landscape » le projet co-géré par le WWF Népal et le gouvernement népalais.

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Gavial du Gange
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